La cloison de verre permet de cloisonner un grand espace sans lui faire perdre de luminosité. La partie cloisonnée gagne en intimité, sans devenir un “trou noir” quand elle ne dispose pas de sa propre fenêtre. Au plafond, elle devient verrière et permet d’inonder de lumière une pièce centrale.
Les cloisons de verre : quand la clôture apporte de la lumière
Issue de l’univers industriel, la cloison de verre intérieure a peu à peu quitté le monde des lofts pour s’imposer dans tous nos espaces. Cette cloison presque invisible a l’avantage de la discrétion et de la simplicité. Elle s’utilise souvent pour séparer des pièces utiles des pièces de séjour (séparer la cuisine du living, la salle de bains de la chambre), sans que cette coupure soit aussi forte qu’avec un mur.

La salle de bains est séparée de la suite parentale par une verrière rétro à petits carreaux (réalisation Divinox)
Par rapport à la solution classique de la cuisine américaine, par exemple, la cloison de verre a l’avantage de laisser aux habitants de la maison la possibilité du choix (porte ouverte ou fermée) et de permettre un contact visuel même quand la porte est fermée. Il est donc possible de faire complètement obstacle aux odeurs de cuisson, ou de “couper le son”, quand il y a besoin.

Cuisine séparée du living par une verrière rétro, une autre réalisation de Divinox
La cloison de verre est aussi la solution idéale pour donner de la luminosité à un couloir, en lui permettant de bénéficier de la luminosité de la pièce qu’il longe (salon, cuisine, etc.) tout en préservant l’intimité de ceux qui sont installés dans la pièce.
Les vérandas et jardins d’hiver
Mais il est une autre sorte de cloison de verre, qui date du XIX° siècle, c’est celle qui ferme une véranda et permet de la transformer en jardin d’hiver ou même en serre magnifique.

La serre des palmiers, de Kew Gardens, est sans doute une des plus belles serres du XIX°
Cette pièce qui correspond à une terrasse fermée est devenue populaire quand les progrès dans la technique du verre ont permis de produire de grandes vitres à un coût raisonnable. La serre ou l’orangeraie où l’on rangeait en hiver les pots trop fragiles pour rester dehors se transforme alors en une grande pièce lumineuse. Il s’agissait à l’origine d’un bâtiment séparé, utilitaire et réceptif à la fois.

Dans une maison traditionnelle normande, Divinox a installé une verrière sépare une pièce du jardin, en lui donnant une vue superbe.
Les structures en fer forgé lui donnent du romantisme et de l’élégance. Le sertissage des vitres devient une partie du décor, avec des motifs tarabiscotés qui satisfont le goût chargé du Second Empire.

Petit fauteuil en rotin typique de l’aménagement des vérandas 1900
Le mot véranda, lui, nous vient des Indes. Il désigne ce large balcon ouvert, protégé par un toit qu’on trouve dans tous les pays tropicaux, le sud des Etats-Unis, l’Inde donc, et qui permet de rester assis tranquillement à profiter du spectacle, protégé de la pluie ou du soleil qui tape trop fort. C’est la version extérieure de la galerie d’un patio.
La vogue des vérandas permet de rattacher le jardin d’hiver à la maison. Les vitres s’ouvrent largement l’été pour laisser passer la brise, se referment l’hiver pour protéger (mal, en l’absence de double vitrage) du froid.
La pièce se dote d’un mobilier spécifique, fauteuils et canapés en rotin ou en osier, larges coussins en tissus à fleurs, colonnettes où l’on pose des plantes retombantes. Le jardin d’hiver est définitivement une pièce de loisirs.
La verrière, pour encore plus de lumière
La verrière, quant à elle, est un toit de verre qui permet d’illuminer largement une pièce. Elle aussi issue de l’architecture industrielle, elle transforme une pièce aveugle ou très mal éclairée avec un éclairage zénithal qui peut être très doux.

La superbe rénovation du Bon Marché transforme sa verrière en une nef de lumière. Photo Gabriel de La Chapelle.
Dans les vérandas, elle peut remplacer le traditionnel toit opaque. Dans ce cas, elle est généralement doublée de stores blancs que l’on peut tirer pour faire obstacle à la chaleur du soleil l’été, faute de quoi la pièce risque de se transformer en four.
Enfin, elle est utilisée pour créer un patio intérieur, avec tout son charme, dans des pays où il pleut trop pour qu’une cour intérieure à ciel ouvert soit praticable toute l’année. Elle permet, comme dans les riads, de définir un espace intérieur central, véritable coeur de la vie de la maison, sur lequel toutes les pièces vont être distribuées.

Une verrière Art Nouveau par Jacques Gruber
Ou bien, comme dans les grands magasins parisiens, elle s’habille de verre coloré, se transforme en dôme pour devenir un élément de décoration impressionnant et raffiné. Les verrières du Grand et du Petit Palais sont transparentes, comme celles de la Samaritaine ou du Bon Marché, soigneusement préservées à travers les différents projets de rénovation.

La superbe verrière du Chicago Cultural Center, un chef d’oeuvre de Louis Comfort Tiffany
Par contre, la verrière du Printemps fait partie de ces structures où les couleurs se mêlent au arabesques de fer forgé pour la décoration. Cette tendance va continuer avec l’Art Nouveau et les superbes verrières colorées de Louis Tiffany, Jacques Gruber (qui réalisa la verrière du Crédit Lyonnais à Nancy) ou Émile Gallé.
Installer une verrière ou une cloison de verre
Pour votre propre maison, vous avez le choix entre la sobriété des verrières et cloisons à l’ancienne, et l’exubérance du style Art Nouveau. Dans les deux cas, il ne s’agit pas que d’esthétique : une verrière, une cloison de verre doivent être posées avec beaucoup de soins, pour éviter les problèmes d’étanchéité qui transformeraient votre belle pièce lumineuse en un piège à humidité.
Les structures sont en métal (fer forgé, aluminium) ou en PVC, plus léger et moins coûteux, qui imite à la perfection le métal.
L’isolation a fait de grands progrès avec les doubles et triples vitrages. Elle doit s’accompagner d’une ventilation correcte. Enfin les différents éléments coulissants doivent être parfaitement posés pour éviter les porte-à-faux, déformations et problèmes de joints.
C’est un type de chantier pour lequel l’intervention d’un professionnel est quasiment obligatoire, à moins que vous ayez beaucoup d’expérience dans le “bricolage professionnel”.
Dans le cas d’une véranda, un permis de construire est souvent nécessaire. Par contre, la simple fermeture d’un balcon par une cloison vitrée n’entraine généralement pas une modification de surface suffisante pour justifier le permis de construire. Mais en tant que modification de façade, vous devez obtenir, selon les cas, l’autorisation du propriétaire ou de la co-propriété.
Bonjour, votre article résume bien le phénomène grandissant de l’installation à l’intérieur de cloisons de type verrière. La fabrication et l’installation sur mesure de ces séparations se développe car comme vous l’évoquez on peut utiliser des matériaux autres que le classique métal pour une verrière d’atelier, mais le bois, le pvc ou l’aluminium. de plus, les verres sont totalement sécurisés. merci de développer ces pratiques grâce à des articles comme le votre.