Je ne m’attendais pas à recevoir autant de questions par mail, manifestement vous avez envie de profiter de votre piscine toute l’année ! Alors voici mon petit guide sur le chauffage des piscine, avec les différentes solutions écologiques. (On oublie les poêles à bois et les réchauffeurs électriques, parce que l’origine de l’électricité, en France, c’est le nucléaire ou le charbon).

Mais d’abord, la question de base :
Quelle est la température idéale d’une piscine ?
Eh bien cela dépend, de vous, du type de piscine et de l’activité que vous y avez, enfin de sa situation, extérieure ou intérieure, et donc de la température ambiante.
Parce que rien n’est plus désagréable qu’une piscine trop chaude, où on va transpirer au bout de quelques brasses, si ce n’est une piscine glacée…
Votre corps, donc, est votre première mesure de la température. Si vous habitez en Bretagne, vous êtes sans doute prêt à vous baigner dans une eau nettement plus froide que si vous vivez aux Antilles… cette accoutumance est importante, elle peut jouer sur plusieurs degrés de différence par rapport à la température idéale.
On a donc l’habitude de dire que l’eau est “froide” en dessous de 23°. Cela fait quatorze degrés de différence avec la température de notre corps. En réalité, c’est déjà une eau assez chaude (plus que l’océan Atlantique, en France), simplement la sensation de froid nous saisit quelques minutes lorsqu’on y entre. Si on s’active, on peut parfaitement trouver agréable une baignade dans une eau à 20° ou même 19°. Par contre, on y restera pas très longtemps car le corps se refroidit très vite.

Une de ces piscines est chauffée à l’énergie volcanique. Même au Costa Rica, les piscines d’hôtel sont chauffées !
Pour vous donner une idée de la température moyenne de l’eau dans nos villégiatures françaises, en Bretagne, au coeur de l’été, elle atteint rarement les 19°, plus au Sud en Vendée, cela culmine à 20-21°et à Biarritz, cela va culminer à 24-25°, effet Niño compris !
La température idéale pour une activité physique se situerait en fait entre 23° et 26° Celsius. A cette température, vous pouvez nager ou faire de la gym aquatique sans aucune gêne ni transpiration. L’entrée dans l’eau n’est pas désagréable non plus. C’est la température moyenne de la mer Méditerranée l’été.
Si vous comptez faire la planche, ou ne pas beaucoup bouger, la température doit encore monter, entre 26° et 29° Celsius (29° est la température cible pour les piscines d’hôtel).
Au-delà de 29°C vous n’êtes plus dans une piscine, mais dans un spa. Vous ne pouvez pas faire d’efforts, et vous ne serez pas rafraîchie.
La géothermie
La géothermie est bien évidemment une solution idéale pour chauffer une piscine. Ou, plus exactement, pour bénéficier d’une piscine chaude ! Les piscines thermales aux eaux naturellement chauffées sont très appréciées, Si vous n’avez pas la chance d’avoir à disposition une telle source, vous utiliserez la géothermie de façon plus classique, en pompant l’eau dans le sous-sol ou simplement en enterrant des capteurs qui vont bénéficier de la chaleur emmagasinée dans le sol.

A la verticale ou à l’horizontale, les capteurs géothermiques prennent de la place.
Aux profondeurs de pompage de la géothermie classique, l’eau ne dépassera pas les 30°. Même en comptant les déperditions, cette température serait largement suffisante pour une piscine bien chaude. Mais pour des raisons d’hygiène, il est hors de question d’utiliser directement cette eau dans la piscine.

Les capteurs en spirale tentent de régler le problème de “place” demandée par la géothermie, mais ils sont complexes à dimensionner et installer
Selon la température cible et la période de l’année, l’eau peut être suffisante pour réchauffer l’eau de la piscine.
Sinon, il reste à installer une pompe à chaleur qui va multiplier les calories extraites de l’eau chaude.
La pompe à chaleur
La pompe à chaleur fonctionne sur le principe (inversé) de la pompe à froid des réfrigérateurs. Elle peut pomper les calories contenues dans l’air, ou dans l’eau. Le fonctionnement détaillé est expliqué ici.
Pour un chauffage toute l’année, une pompe couplée à un puits géothermique est nettement plus efficace qu’une installation d’aérothermie.

Pompe à chaleur classique, accrochée à un mur de maison
En effet, en janvier, la pompe n’aura pas grand chose à extraire d’un air froid et humide, quand les températures sont proches de 0° ! En aérothermie, la pompe à chaleur permettra donc d’étendre la durée d’utilisation de la piscine en automne et au printemps, mais sera insuffisante pour l’hiver.
La pompe à chaleur représente un investissement de base, mais elle est durable, entre dix et quinze ans. De plus, elle a la possibilité de multiplier par 4 ou 5 les calories consommées, ce qui en fait, à l’entretien, un mode de chauffage extrêmement économique ! L’apport électrique est nécessaire, bien sûr, pour faire fonctionner la pompe, mais ne représente plus que 20% de la dépense énergétique totale.
Le capteur solaire
Le solaire est lui aussi une solution pour chauffer la piscine. Les capteurs photovoltaïques peuvent fournir l’énergie nécessaire pour faire fonctionner la pompe à chaleur, ou chauffer directement l’eau.

Les panneaux solaires permettent de chauffer la piscine mais demandent énormément de place
Il se présente sous deux formes : des panneaux solaires classiques, qui nécessitent de bloquer une certaine surface. Soit vous disposez de place autour de la piscine, avec la bonne orientation, soit vous squattez le toit de l’abri de piscine.
Une deuxième forme, née aux Etats-Unis, remporte un grand succès : ce sont des “nénuphars solaires”, ou Solar Sun Rings : des cercles de vinyle transparents, dont une face convertit la lumière du soleil en chaleur.

Des solar sun rings chauffent une piscine de forme “haricot” sans empêcher la baignade
Ce système présente de nombreux avantages : il sert aussi de bâche protectrice, il est très facile à installer, et il suffit de retourner le nénuphar pour arrêter de chauffer la piscine quand elle est à bonne température ! Enfin, il est très efficace pour couvrir une piscine naturelle, à la différence des bâches.
Personnellement, je préfère les capteurs en spirale, même si ça a l’air d’être difficile à installer. Est-ce le cas ?
Oui c’est le cas. On risque de les transformer en glaçons.
Votre article est vraiment intéressant, merci beaucoup pour vos réponses !