A Maison et Décors, on est un peu obsédés par l’approche de l’automne. En vous expliquant comment préparer votre piscine pour l’hiver, on a pensé “bâche” et donc “feuilles mortes” et donc “élagage” (si, si, c’est logique).
La taille raisonnée et la taille douce : le nouvel élagage
Avant de parler de “quand” et de technique, il faut d’abord mettre fin à quelques idées fausses.
En réalité, sauf dans quelque cas particuliers, il n’est pas nécessaire de tailler un arbre. Cela l’affaiblit, le prive de ses feuilles, le rend sensible aux maladies, avec des grandes surfaces de bois mises à nu. Sa structure est déséquilibrée, il risque de tomber plus facilement.
La taille régulière se justifie uniquement pour les arbres d’ornement qui doivent conserver une forme et un volume précis, en particulier les topiaires, ornements du jardin à la française, et pour les arbres fruitiers, qui doivent développer des branches proches du sol, ou même être taillés en espaliers.

L’arbre en espalier est taillé pour garder une forme très particulière
En dehors de cela, les seules tailles réellement nécessaires sont celles qui permettent d’enlever des branches cassées ou malades, ou celles qui vont éviter à l’arbre d’entrer en contact avec des bâtiments, des pylônes, des fils électriques…
La taille raisonnée, qui s’est développée depuis une vingtaine d’années, consiste à planifier la taille de l’arbre, en la minimisant le plus possible. Elle doit être planifiée par un professionnel qui comprend la structure de l’arbre et son mode de développement, pour le respecter.
La taille douce, elle, consiste à tailler très peu à chaque fois, quelques centimètres à peine. Elle est particulièrement adaptée aux arbres d’ornement.
L’élagage est un mot à double sens. Il peut être synonyme de “taille”, en pratique on le réserve à des tailles drastiques qui enlèvent presque toutes les branches de l’arbre. Il doit impérativement être fait par un spécialiste.

Cet arbre a été élagué beaucoup trop sévèrement
Quand tailler ?
On peut tailler à peu près n’importe quand, sauf au moment de la poussée de sève (au tout début du printemps) et au moment de la chute de sève, quand l’arbre se prépare à hiverner.
En dehors de ces deux moments, on peut tailler les arbres en fonction des besoins. La période précise dépend de l’arbre lui-même et de ce qu’on taille.
Tailler au vert
C’est la taille des topiaires, des jeunes arbres, mais aussi la taille des fruitiers, pour éviter que l’arbre ne se fatigue à produire trop de fruits. On ne taille que les petites branches, qui n’ont pas encore formé du bois dur, c’est le “bois vert”.

Dans le jardin botanique d’Atlanta, on trouve des topiaires extraordinaires
Elle se pratique après la montée de sève, et pendant toute l’année. Pour les fruitiers, il faut la faire juste après la montée de sève, pour éviter les fruits trop nombreux, ou après la récolte, pour préparer la poussée de l’année suivante.
Ainsi, traditionnellement, les arbres de fruits à noyaux comme le pêcher ou le cerisier se taillent à la fin de l’été, tandis que les pommiers et les poiriers se taillent l’hiver. Les lilas aussi peuvent être taillés au mois d’aout et au début de l’automne.
L’aoûtement
Au mois d’août (d’où le nom), l’arbre va commencer à faire ses réserves pour passer l’hiver. Les rameaux et les jeunes poussent s’endurcissent et se lignifient. Ce qui reste vert ne repoussera pas l’année suivante et peut donc être taillé à l’automne.
La taille en dormant
Elle se pratique l’hiver, plutôt à la fin, avant la montée de sève, pour éviter que les plaies du bois restent exposées trop longtemps à l’eau et à l’humidité.
Comment tailler ? Matériel et précautions
En suivant ces principes, vous n’aurez théoriquement pas de grosses branches à tailler. Vous aurez donc besoin d’un sécateur, éventuellement à long manche, pas d’une tronçonneuse.
Des lunettes de protection sont nécessaires, pour vous protéger contre les éventuels éclats de bois, et des gants.

Une taille d’entretien douce pour un saule pleureur
Si vous devez travailler en hauteur, utilisez une échelle bien stable. Monter sur un arbre en utilisant des crampons est réservé aux arboristes professionnels, d’abord parce que c’est dangereux, ensuite parce que cela peut blesser l’arbre.
Vérifiez bien tous vos outils, en particulier leur propreté. Nettoyez les lames entre chaque arbre, pour éviter d’éventuelles contaminations par des champignons ou des parasites. Si vous devez, malgré tout, utiliser une tronçonneuse, assurez vous que sa chaine est en bon état, que le fil électrique est bien protégé.