Comment rattraper un parquet noirci ?

Il n’y a rien de plus laid qu’un parquet noirci par endroits !

C’est le plus souvent le résultat d’une inondation, ou d’une exposition trop prolongée à l’eau d’un parquet mal protégé. Cela peut venir aussi de traces laissées par les animaux domestiques.

Même si le parquet parait très abîmé, il est possible de lui redonner toute sa beauté. Mais pour cela, il fut éviter certaines erreurs, et sans doute faire appel à un spécialiste, surtout si les tâches noires sont trop importantes.

Il ne faut pas non plus oublier que l’on va traiter en totalité le parquet, et pas seulement les taches : tous les problèmes devront être résolus pour une rénovation parfaite avant d’appliquer un vernis protecteur.

Gros plan d'un parquet en chêne noirci par l'eau
Un parquet noirci par l’eau : les taches sont diffuses

Les erreurs à ne pas faire sur un parquet noirci : « nettoyer les taches »

On ne peut pas réellement « nettoyer la tache« .

Les différentes méthodes qu’on peut trouver sur le web (utiliser de l’acide oxalique, de l’eau de javel diluée), conviennent pour des meubles, mais pas pour un parquet.

En effet, si la substance utilisée pour nettoyer n’est pas répartie de façon uniforme, elle va former, à l’inverse, des tâches plus claires, et on n’aura toujours pas un beau parquet.

Et il est très difficile, sans machine, de traiter de façon uniforme une grande surface de parquet !

De plus, certains décapants vont eux-même contribuer à tacher le bois.  C’est notamment le cas de toutes les lessives, qui sont composées avec des cristaux de soude. Et la soude… réagit avec les tanins de certains bois, comme le chêne, et va les faire encore plus noircir !

Vue d'un parquet en bois clair avec de grandes taches noires
Ce parquet a été taché en profondeur par de l’urine de chien. Un défi !

Une autre recette qu’on trouve régulièrement est réservée aux taches d’urine que nos compagnons à quatre pattes peuvent laisser. Selon la race et le bois, la tache d’urine peut être noire, comme une tache d’eau, ou au contraire blanche. Certains conseillent d’utiliser un mélange d’eau oxygénée (peroxyde d’hydrogène) et de bicarbonate de soude. Si l’eau oxygénée est effectivement un agent blanchissant et un désinfectant, le risque est le même qu’avec les lessives : se retrouver avec des taches plus claires.

La solution pour sauver un parquet noirci

Il faut commencer par le poncer. Le ponçage va permettre de supprimer les tâches à la surface, et de récupérer la teinte originale du bois.

Il se fait avec une machine spécialisée, qui peut être louée si vous choisissez de poncer vous-même, ou être utilisée par un professionnel. Un point essentiel : garder une surface plane.

Si le bois a été abîmé au point de se soulever ou vraiment imprégné de liquide en profondeur, certains morceaux sont enlevés, et remplacés.

Le coin d'un parquet est enlevé pour être remplacé par des lames neuves
Remplacement de morceaux de parquet lors d’une rénovation : attention aux différences de teintes du bois neuf par rapport au parquet ancien.

Si les taches sont trop difficiles à totalement supprimer, on peut envisager de teindre le parquet pour l’assombrir. Finalement, le parquet remis à neuf doit impérativement être protégé : lasure ou vitrification, selon l’environnement. La vitrification protège mieux le parquet que la lasure.

Faire soi-même ou faire appel à un professionnel ?

Les progrès dans la technique de ponçage, avec des machines professionnelles qui peuvent être louées poussent beaucoup de gens à poncer leur parquet eux-mêmes. Mais une machine à poncer est plus complexe à manier qu’un aspirateur, mal utilisée elle peut encore plus abîmer le parquet.

Le risque principal ? Un ponçage inégal

Si le parquet n’est pas poncé de façon parfaitement horizontale, les lames de la ponceuse vont laisser des traces dans le bois. En cas de teinture ou de lasure, ou même simplement de vitrification, ces marques vont devenir particulièrement apparentes.

Lames de plancher avec l'empreinte d'une ponçeuse
Marques laissées par une ponceuse dans un plancher

Si on ponce un vieux parquet, il faut aussi rattraper les différences de niveau entre les différentes lames. Si l’humidité a vraiment fait son oeuvre, ces différences de niveau peuvent représenter 2 à 3 millimètres, rendant un ponçage égal et totalement plat très difficile.

Les points à analyser avant de décider de rénover soi-même

Surtout si c’est la première fois que vous poncer un parquet, voici une liste de points à évaluer avant de décider de se lancer dans l’aventure ou de renoncer et faire appel à un artisan parqueteur.

1- Quelle est la surface à traiter ?

Pour quelqu’un qui ponce du parquet pour la première fois, traiter 20 m² en une journée est déjà un bel exploit. Attention, si les surfaces ont beaucoup d’angles, le travail est ralenti.

2- Quelle quantité de traitement reste sur le plancher ?

Les couches de vernis ou de protection doivent être entièrement poncées. Plus la quantité restante est importante, plus il y a de travail. Attention aux planchers recouverts avec des vernis hybrides, résistants aux UV (comme le Shellac™) qui sont particulièrement difficiles à enlever.

Lames de plancher avec d'importantes différences de niveau
Il a fallu cinq ponçages successifs pour aplanir ce plancher

3- La planéité du parquet

Plus le temps écoulé depuis le précédent ponçage est long, plus les lames de parquet auront pu jouer, et plus cela demandera de temps pour retrouver un plancher parfaitement plat. C’est particulièrement vrai dans les régions où le climat présente de grands écarts de température ou d’hygrométrie.

Or un plancher qui n’est pas plat ne peut pas être réellement nettoyé.

5- L’état général du plancher

Y a-t-il des marques laissées par des ponçages précédents ? Des traces de vieux adhésifs (si le plancher a été recouvert par de la moquette, par exemple) ? De peinture ? Y a-t-il des clous qui doivent être enlevés avant le ponçage ?

Tout cela augmente le temps de ponçage et multiplie les passages nécessaires.

6- Quel bois a été utilisé ?

Certains bois sont particulièrement durs et continuent à durcir en vieillissant. C’est le cas, entre autres, de l’érable qui se minéralise au cours des ans.

Quelques lames de parquet bien abîmées
Clous, différences de niveau et de teintes, taches, griffures… la totale dans ce parquet ancien

7- Le risque du plomb

Si votre plancher est ancien et qu’il a été peint ou vernis avant l’interdiction des peintures au plomb, il se peut qu’il y ait des résidus dans le bois. Dans ce cas, il est impératif de faire appel à un professionnel de la rénovation : il a été formé aux techniques pour poncer en sécurité sans disperser dans votre maison une poussière au plomb.

(Rappel : le plomb a été interdit en France en 1949, et le diagnostic au plomb est obligatoire pour toute vente ou location d’habitation antérieure à cette date).

Mieux vaut prévenir que guérir

Que vous ayez décidé de nettoyer votre parquet vous-même, ou de faire appel à un professionnel, vous voyez que le travail peut être considérable. La meilleure façon d’éviter tout cela ?

  1. Poncez régulièrement votre parquet, entre tous les cinq et vingt ans selon la dureté du bois
  2. Utilisez un revêtement protecteur de bonne qualité, adapté à la pièce (évitez par exemple les lasures dans la cuisine)

Et n’oubliez pas que, paradoxalement, les parquets vintage sont préparés exactement de cette façon, en leur laissant simplement des irrégularités de teintes…

 

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