Le mauvais goût selon Donald Trump

Cet homme a une chance sur deux de devenir président des Etats-Unis et franchement, ça fait peur….

Vous avez déjà entendu toutes les critiques possibles contre ses « opinions » politiques, ses phrases racistes, machos, son absence totale de programme économique valable, sa vision primate de la géopolitique et même sur sa moumoute.

OK, mais il y a peut-être une chose que vous ne connaissez pas, qui nous stresse plus que tout cela. 

C’est pour ça qu’on vous en parle sur Maison et Décors !

Donald Trump a effroyablement mauvais goût en terme de décoration !

Vue de l'entrée de l'étage principal
Quand il n’y a pas de dorures, ce sont des miroirs pour refléter les dorures. Ou des dorures lisses comme des miroirs, et du marbre poli.

Enfoncés les décors kitchissimes de Dallas, de Dynastie, de Santa Barbara, enfoncées les fautes de goût qu’on voit s’étaler dans les magazines, à ce stade c’est presque de l’art, malheureusement le potentiel président des Etats-Unis ne pratique pas le second degré. Et on tremble en se demandant à quoi ressemblera le sobre neo-classicisme du bureau Ovale de la Maison Blanche s’il décide de s’y installer !

Vue du bureau ovale avec Barack Obama
Un décor clair et néo-classique pour le bureau Ovale

Le Penthouse à 100 millions de dollars en haut de la Trump Tower

C’est pratique de posséder une tour en plein Manhattan, à quelques mètres de Central Park, on peut s’y réserver le meilleur appartement. En l’occurrence un triplex avec vue directe sur le parc et sur la petite silhouette du Plaza à gauche, du Sherry Netherlands à droite (qu’on aime beaucoup plus, soit dit en passant). C’est sans doute ce qu’il y a de mieux dans ce penthouse !

Vue sur Central Park, le Dakota, le Plaza
La vue sur Central Park à partir du penthouse de Donald Trump, ce qu’il y a de mieux !

Quoi qu’il y a un peu trop de bâtiments, nous on préférerait la vue directe, comme celle qu’avait Lauren Bacall !

Par contre, l’intérieur, comment dire…

La réinterprétation « parvenu » du style Louis XIV

Les trois étages ont été « décorés » avec ce que Donald Trump imagine du style Louis XIV. Dorures, planchers de marbres polis comme des miroirs, dorures, plafonds peints dans une imitation du style classique, dorures, sièges Louis XIV et grands canapés américains.

Vue du grand living avec les tours de Manhattan en arrière-plan
Overdose de dorures, commode en marqueterie dorée et gratte-ciels modernes.

On se demande quand même ce que vient faire le tissu rouge et doré qui recouvre certains sièges, dont le motif est plus Premier Empire que Louis XIV. Quant à l’immense commode, ce rectangle massif flanqué de colonnes n’a rien à voir avec l’élégance des meubles Boulle !

Le modèle : la Galerie des Glaces

Le truc, c’est que même le plus grand des penthouses fait cabane de jardin à côté de la Galerie des Glaces. Parce que la Galerie des Glaces c’est le mega monstrueux truc pour impressionner dans « LE » château du plus grand roi de l’époque, et c’est juste immense : 73 mètres de long, 13 mètres de large, soit 950 m² de surface au sol et surtout, 12,5 mètres de hauteur sous plafond. Les trois étages du triplex réunis…

Vue de la Galerie des Glaces en longueur
La Galerie des Glaces se distingue par ses ors mais surtout pas l’équilibre de ses proportions

En plus, la Galerie des Glaces, c’est un lieu de passage, de promenade, de défilé, mais pas d’habitation. Il n’y a pas de cuisine, de bureau ou de vastes canapés, juste des lustres immenses qui se reflètent dans les miroirs.

Bref c’est vraiment grand, on y respire, on voit dans les miroirs les jardins du parc de Versailles, ça a de la gueule et c’est équilibré !

La version Donald Trump

Le grand living, table centrale, plafonds à cloisons
La vue du grand living avec les baies vitrées sur Central Park

On voit tout de suite ce qui cloche : en plus du doré « agressif » et à outrance, le cloisonné des plafonds et les immenses lustres ne disposent pas de la même hauteur sous plafond que la Galerie des Glaces, on se sent écrasé.

Les peintures au plafond ne sont que des pâles imitations laborieuses des chefs d’oeuvre de Le Brun. En plus, on imagine difficilement les salariés de Donald Trump en personnages dévêtus de l’Antiquité saluant les grandes réalisations de leur roi-tycoon (ce qui était le sens des peintures de la Galerie des Glaces).

Angelo Donghia, en est-il mort de honte ?

Le responsable de « ça » est un décorateur New-Yorkais d’origine italienne, décédé en 1985 et dont la Trump Tower, achevée en 1983, a dû être un des derniers chantiers. Surnommé le « Saint Laurent du canapé », ce décorateur a eu une longue carrière sous le signe du du « Less Is More » développant, selon ses mots,

un style aussi classique et minimaliste que celui des années 30, dont il s’inspire

Un fauteuil à la forme XVII° mais design moderne
Fauteuil Grand Soleil par Angelo Donghia

S’il a évolué ensuite vers plus de confort, ses créations restent en général beaucoup plus épurées que le penthouse de Donald Trump, les lustres plus légers et, surtout, les dorures moins envahissantes.

La version « design » de la chaise Louis XIV est beaucoup plus dépouillée que ce qu’on trouve chez Donald Trump : une forme classique et XVII° siècle, un cadre en bois doré, certes, mais lisse, dépourvu de toute sculpture, et un tissu en camaïeu.

Un chantier comme celui de Donald Trump ne se refuse pas, mais manifestement, le décorateur a dû se faire violence pour satisfaire son client.

Sur le site de la marque, d’ailleurs, aucune référence n’est faite au magnat !

Les détails qui tuent

Difficile de trouver quelque chose de réellement plaisant dans cet appartement. Mais certains détails sont pires que les autres !

Le (faux) Renoir dans le coin

Un tableau de Monet est accroché sur le côté d'une alcôve, presque invisible
Un Renoir lourdement encadré, accroché dans une encoignure

C’est bien d’investir dans un Monet faux Renoir, mais le tableau, malgré son cadre doré imposant, n’est manifestement pas suffisamment bling-bling. Il est accroché dans un recoin, dans une alcôve, tout serré entre un canapé rutilant et un miroir. La position du bureau prouve que le tableau n’est pas accroché pour être regardé fréquemment.

Le lit …. indescriptible

Un lit doré avec Donald Trump en train de nouer sa cravate
Donald Trump dans sa chambre

Certains républicains se plaignent que leur candidat ne se lance pas dans la tournée électorale des petites villes. En effet, il rentre chaque soir dormir chez lui, à Manhattan (en avion privé bien sûr).

Avouez que si vous aviez une chambre pareille, vous voudriez en profiter le plus possible ?

La photo de famille

Cette photo de famille montre plusieurs choses :

  1. l’omniprésence de la dorure, même sur les cadres des baies vitrées
  2. la difficile cohabitation entre un pseudo-style Louis XIV et un environnement moderne
Portrait de Donald, Melania et Barron Trump avec Manhattan en fond
Le portrait de famille, cinéma de série B

Et surtout l’absence totale de sens du ridicule de Monsieur et Madame Trump. Parce que la robe qui s’envole à 45° degré comme ça, sans qu’un seul cheveu ne bouge, moi je vous le dis, à moins que la robe soit carrément en carton, ce n’est pas possible !

La vue est extraordinaire, quel dommage de la gâcher avec un cadre aussi kitsch !

Le Trump Taj Mahal à Atlantic City, le « tombeau du goût »

Malheureusement, Donald Trump n’a pas sévit uniquement en haut de la Trump Tower.

Voir les reportages sur ses différentes résidences, hôtels et casinos permet d’apprécier une montée en puissance en terme de mauvais goût, qui va finir par aboutir à « ça » :

Grandes fontaines et coupoles pour l'entrée d'un casion
L’entrée du Trump Taj Mahal, c’est possible !

Des mauvaises langues disent même que Donald Trump est resté prisonnier de ses miroirs, à force de s’y admirer

Murs garnis de miroirs
Dorures et miroirs, même dans les escalators

Ajout le 18 novembre 2016 : après le meeting de Donald Trump avec le premier ministre japonais, auquel sa fille a assisté, une petite photo de nuit… pas certaine que les goûts zen des japonais soient en accord !

Donald Trump reçoit le premier ministre japonais Shinzo Abe dans son penthouse, sa fille Ivanka Trump assiste à l'entretien
De nuit, c’est un peu moins pire, mais ça reste beaucoup trop. On appréciera au passage le talon aiguille qui troue doucement la moquette, et les variations de tons de celle-ci : ombres ou vécu ? Vu les autres ombres sur la photo, on est obligé de pencher pour du « vécu ».

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