Comment caser un grand lit dans un petit espace ?

Les tailles standard des lits ont beaucoup augmenté ces dernières années, alors que l’espace, en tout cas dans les appartements citadins, se rétrécit de plus en plus. De plus, les normes de certains pays, dont la Suède, sont plus grandes que les normes françaises. D’où la question qui se pose régulièrement :

comment arriver à caser un si grand lit dans un espace restreint ?

Car prendre un lit de dimensions plus petites est la dernière solution qui vient à l’esprit. Les lits ont grandi parce que les français ont gagné deux centimètres en trente ans (une dizaine en un siècle) et ont pris une taille de plus en largeur, le confort pour dormir est devenu essentiel, le lit est aussi un espace « à vivre », dans une chambre où on trouve une télévision, un ordinateur ou une tablette.

Sur la même période, la dimension de lit double la plus vendue est donc passée du 120×180 au 160×200 (Queen Size) même si le standard professionnel reste le 140×190. De plus, comme on n’attend plus le mariage pour avoir des relations, même les célibataires investissent dans des lits doubles !

Grande pièce au parquet en chêne sombre, étagères blanches avec un lit au fond
Dans ce studio, le lit double peut-être dissimulé derrière des panneaux japonais. Dans la journée, il s’intègre à la décoration, les stores permettent de masquer la pièce (mais pas de l’isoler phoniquement)

Dans un studio, souvent il n’y a pas de place pour une chambre fermée

Le canapé clic-clac est bon pour les premières années d’étudiants. Ensuite, on souhaite plus de confort.

Premier choix, le lit relevable

Il se dissimule en placard la journée.

Lit une place qui se relève sur le grand côté
En position ouverte, ce lit une place est un divan agréable qui s’intègre parfaitement à la décoration, de jour, et un couchage confortable la nuit.

L’avantage ? Un matelas et un sommier d’une pièce, sans la barre centrale typique du clic-clac, une literie qui peut être de qualité, bref, le confort.

Fermé, il est indétectable et libère la place au sol
En position fermée, il se fait complètement oublier, et la porte unie du placard est agrémentée de trois poufs clairs

L’inconvénient ? La nécessité de tout ranger chaque jour, sous peine de voir tout l’espace dédiée à la vie quotidienne envahi, et la pièce impraticable.

Second choix, un lit normal mais pas de chambre

Le lit ne sera isolé de la pièce à vivre que par un rideau, ou même par rien du tout.

Grand lit double installé à côté d'une fenêtre
Dans cette véranda aménagée comme studio indépendant, le lit est bien en évidence, intégré à la pièce dont rien ne le sépare, même la nuit.

Les avantages :

  • le lit est utilisable à tout moment, sans installation
  • la taille du lit n’est pas vraiment limitée, comme c’est le cas pour un lit relevable
  • fait, le lit peut même être un élément de décoration

Les inconvénients :

  • c’est une solution essentiellement pour célibataires ou pour des couples parfaitement synchrones, car la personne qui dort ne peut pas réellement s’isoler
  • et même dans ce cas, il est difficile d’avoir la coupure réelle entre l’espace à vivre et l’espace à dormir qui nous met en condition pour passer une bonne nuit
  • le lit doit être impeccablement fait dans la journée
  • enfin, si vous faites partie des gens qui n’aimez pas qu’on se mette sur votre lit, cette solution n’est définitivement pas pour vous, ou alors vous devez vous abstenir d’inviter les gens.

Dans un petit appartement, les  possibilités sont plus nombreuses

Le lit qui prend toute la place

Il est devenu très à la mode de mettre un grand lit dans une petite pièce, le meuble est souvent collé à au moins deux murs (la tête et un coté), voire trois quand l’armoire à vêtements est placée sur le mur du fond.

Grand lit double en fer forgé, la tête dissimule en partie la fenêtre
Typique de la décoration américaine, ce lit est certes confortable, mais trop grand pour la pièce. Visuellement, il la rend encore plus petite, et le positionnement contre les fenêtres est à éviter.

Si cette solution permet de mettre un lit large dans un espace relativement étroit, elle est en réalité à éviter le plus possible.

D’abord parce que faire le lit devient très mal commode, étant dans l’impossibilité de tirer correctement les draps, housses de couettes ou couverture d’un côté.

Ensuite, parce que cela implique de dormir seul(e) la plus part du temps. Rien de plus désagréable pour le partenaire que de se retrouver « coincé » contre le mur, à devoir enjamber sa moitié ou sortir du lit par le pied, en cas d’un besoin d’excursion nocturne.

Enfin, parce que dans la majorité des cas, un des murs est celui de la fenêtre et des radiateurs.

En hiver, la chaleur du radiateur va être bloquée par le meuble, ne pourra pas se répandre facilement dans la pièce et le lit sera sans doute trop chaud. Surtout, une fenêtre directement contre le lit, ce n’est pas très « feng shui », le Qi étant attiré par la fenêtre, il perturbera le sommeil. Au sens figuré, c’est la position idéale pour qu’une averse orageuse d’été inonde la literie par la fenêtre laissée ouverte, c’est aussi le risque de s’exposer en train de dormir à la vue de tout le voisinage.

Le lit sur la mezzanine

L’aménagement le plus souvent proposé est un lit en mezzanine. Il peut bien entendu se faire aussi en studio, mais cela conduit le plus souvent à rapetisser un espace. En appartement, on dispose généralement d’une surface suffisante pour que la mezzanine n’écrase pas la pièce de séjour.

Mezzanine avec un matelas double et une étagère encastrée
Le lit sur mezzanine où on n’aimerait pas dormir : la tête n’est pas appuyée sur du solide (les coussins doivent passer à travers les barreaux), il n’y a pas d’espace pour se lever : il faut s’extirper à quatre pattes et, d’un point de vue pratique, changer les draps est galère.

En hauteur aussi, il faut une surface suffisante. Pas de lit coincé entre le mur et le rebord, à la fois pour le confort et la sécurité. On est tenté de sacrifier le sommier pour gagner de l’espace sous plafond.

Grande pièce blanche avec une Mezzanine sous toit en pente.
A l’inverse, cette mezzanine est une véritable chambre, sous combles. La pièce du bas garde un bel espace, et l’ensemble est lumineux

Mais le matelas se fatiguera plus vite et le confort sera moindre. Au bout du lit, un espace suffisamment grand pour reprendre les marches de l’escalier sans avoir à se contorsionner !

Le lit  ailleurs

Dans une Tiny House, c’est un cas un peu différent, car la construction même de la Tiny House rend obligatoires de nombreux défauts des solutions précédentes. Le lit sera souvent coincé dans un petit espace (comme par exemple à l’arrière d’un bus scolaire américain transformé en « Roulotte »), surélevé, posé sur des rangements. Ou bien il sera un meuble multifonctions, sur lequel on s’assied dans la journée.

Photo de la chambre intégrée avec salle d'eau
« Cabine » (et pas chambre) premium : le lit doit être partiellement relevé pour qu’on puisse s’asseoir en face d’une tablette qui descend pour servir de bureau

Par contre, on n’a pas du tout été convaincus par les lits du nouvel hôtel Yotelair à Roissy : partiellement relevés pour laisser la place de s’asseoir face à une tablette relevable qui sert de bureau, ils se déplient ensuite complètement pour butter contre le mur. On est là dans une exploitation maximum de l’espace, qui peut être acceptable pour une nuit d’hôtel, mais qui est à la fois peu vivable et pas très belle.

 

 

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